Basement on stage! Le 14 mars 07 @ Coopérative de mai - Clermont-Ferrand
posté dans : CONCERTS
w/ SOFY MAJOR + DAGOBA + BLACK BOMB A
20h30 - 10€ /14€ en loc, 17€ sur place
Pour tous renseignements : volcamars@yahoo.fr
w/ SOFY MAJOR + DAGOBA + BLACK BOMB A
20h30 - 10€ /14€ en loc, 17€ sur place
Pour tous renseignements : volcamars@yahoo.fr
Surprise des déambulations urbaines : pas loin de chez moi, un café annonce la venue en concert de Basement… Quelques recherches internet me confirment qu’il s’agit bien du groupe de noise français qui avait connu une petite gloire à la fin des années 90 avec deux EP et des concerts glorieux. Alors pourquoi ne pas fêter ce retour d’une scène qui refuse de mourir ? Récemment Hint sortait « Phago[cité] » aux éditions de La Volte pour accompagner le livre de Stéphane Beauverger, Unsane tourne encore et Todd prouve qu’il a respiré de longues années cet air atomique et urbain. Bien sûr, on n’oubliera pas que ce brillant courant musical est riche de nouveaux venus parmi lesquels on me souffle les noms de Selam et For My Hybrid.
Retour du rock noisy et tant mieux pour les frissons qui montent du bide aux poings qu’on serre le long de jambes tremblotantes, la nuque secouée de balancements énergiques.
Les Basement manient les ambiances avec verve : « Negative Land » surprend par sa délicatesse, la voix plus en retrait que d’ordinaire, le calme en ligne de conduite, malgré les acidités des guitares et les brusques changements de cap. Cette même accalmie se poursuit avec le chant posé de « Sonar ». Là, c’est sûr, le groupe s’est assagi et ce qu’il à dire, il le dit de façon plus travaillée, en prenant le temps de placer des climats orageux. Les riffs y gagnent en impact, par contre, sur ce titre en particulier, le refrain mériterait plus de pression à la voix. Par contre, histoire de remettre une claque en attendant un concert, le dernier titre « In The Backroom » se fait violence, rapidité, humour mélodique, mélodie en dent de scie, repos, à toute allure, repos. Autant se faire plaisir !
La mesure de ce disque sera sans nul doute « Maelström », quasi instrumental en dehors d’un cri poussé pour le break, hyper saturé, redoublé par les geignements tristes de la guitare. Acéré, à vif, blessure. Le rock comme on l’aime. De l’emphase, une respiration dont le groupe n’était pas capable quelques années plus tôt, c’est ce qui ressort à l’adhésion à ce « Train Fantôme » qui défouraille avec grâce. Ailleurs, on est marqué par l’absence de facilité dans les cassures, les accords plaqués de tout leur poids à plusieurs, l’unité dans le son qui s’expulse, l’acidité de la guitare sur la basse : pas bien loin d’un Jesus Lizard pendant quelques secondes sur « Slow Waiting »…
Deux mini albums en 97 et 98, et Basement disparaît de la scène noise hexagonale. “Head On” et “Underneath” avaient emballé par leur noise incisive, dans la droite lignée de Jesus Lizard ou Cop Shoot Cop. Épaulées par Fred Norguet, leurs compositions exultaient et leurs prestations scéniques n’avaient pas grand-chose à envier aux Sleeppers, Portobello Bones ou à Condense. Il aura néanmoins fallu attendre la fin 2006 pour retrouver enfin ce trio de Libourne devenu quatuor avec l’arrivée d’un second guitariste. Basement n’a rien renié de ses aspirations tourmentées, ni rangé son énergie galvanisante aux oubliettes. La distorsion, la rythmique déstructurée (Slow Waiting) et la mélodie sont toujours là, transcendées par la production de Nicolas Dick (Kill The Thrill). D’entrée de jeu, l’impétueux Release Me donne le ton : hargne, fougue et noirceur. Et les huit morceaux s’enchaînent sans répit, mais avec sensibilité (voir notamment le vibrant Maelström, aux relents post-hardcore). Tout en tensions et tumultes, “Everything Gets Distorted” n’en oublie pas la mélodie, comme sur Sonar, à la construction typée noise hardcore, au refrain braillé, mais dont la gravité reste en filigrane. Le titre Train Fantôme, qui suit, casse inexorablement tout carcan que l’auditeur distrait aurait tôt fait de plaquer sur ce disque. Rien de linéaire ici : l’émotion se fait sournoise, l’énergie éclabousse violemment, impitoyable, salvatrice. Un retour inattendu et jouissif.
Catherine Fagnot pour Premonition
Basement est loin d’être un tout jeune groupe, le groupe s’est formé en 1996 suite à l’impulsion donnée par des groupes comme Unsane, Fugazi, Cop Shoot Cop, Distorted Pony, … Un premier CD 6 titres, Head-on, enregistré par Fred Norguet (Sleeppers, Ez3kiel, …) voir le jour début 1997. Le groupe entame la tournée des salles et des festivals et enregistre une nouvelle fois chez Fred Norguet en 1998 un nouveau CD : Underneath permettant au groupe de se faire un nom au sein de la scène noise française (et européenne) qui leur permettra de défendre leur opus pendant 2 ans sur scène.
Depuis plus de nouvelle des quatre ; pourtant en 2006 le groupe revient avec un nouvel album sous le bras : Everything gets distorted ; au son on retrouve cette fois Nicolas Dick de Kill The Thrill (et une pochette signée Jean-Michel Gimenez de Tantrum).
Evoluant dans un univers noise, scène quelque peu clairsemée ces temps ci, le groupe trace sa route et se soucie peu des modes : tant mieux.
Basement revient après 6 ans de silence ; 8 titres viennent briser ce long blanc et vont tenter de rattraper le retard en décibels pris. Pour ceux ayant suivis la vague noise des 90’s, les Libournais de Basement sont peut-être déjà en bonne place dans leur coeur. Pour ceux qui comme moi sont passés à coté il y a presque 10 ans, le groupe va offrir une belle séance de rattrapage.
On démarre l’écoute tout doucement, un titre faisant énormément penser à Sleeppers ; bon morceau; des guitares qui s’activent pour former ce brouillard noise où viennent percer les mélodies et une voix entre susurrée et hurlée (façon écorchée). On démarre bien mais on pourrait taxer ce titre d’un petit manque d’originalité. La suite elle va réserver de très bonnes surprises; toujours sur cette base bruitiste le groupe appose sa marque grâce à des mélodies envoûtantes, que ce soit grâce à une voix savamment utilisée ou une guitare (comme sur Maelstörm) distillant un semblant de joie au milieu de ce brouillard froid et inquiétant.
A l’image de cette pochette, simple mais superbe, Basement nous pose au milieu de cette forêt décharnée, déboussolé et impuissant face aux éléments; de courts répits donneront parfois un peu d’espoir, mais à chaque fois anéanti en quelques secondes.
Ce CD véhicule bon nombre de sentiments à son écoute, et même si chacun éprouvera les siens et vivra différemment les montées et descentes aux enfers proposés par le groupe, nul doute que la joie, le bonheur, l’envie n’en feront pas partis. Basement joue une musique abrasive; nullement lente et pachydermique comme on peut le voir en Doom; non ici la musique est crue, brute, écorchée, épineuse.
Évidemment on pourra penser à certains groupes à l’écoute des différentes pistes de cet album (Unsane, Sleeppers par exemple) mais Basement réussit à faire un retour aux 90’s tout en donnant un coup de dépoussiérant, belle prouesse.
Vous l’aurez compris ce Everythings Gets Distorded est une belle réussite; seulement 8 titres mais pas de déchet. Le groupe propose 8 titres aux ambiances différentes mais avec toujours une même base noise qui fait plaisir à entendre. Les Libournais n’ont pas fait attendre leurs fans pour rien, espérant juste que la prochaine fournée ne sorte pas en 2012.
Bacteries pour Metalorgie