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basement
*Furia noise from underground level*

Archives pour 'CHRONIQUES'

BASEMENT SUR “BOKSON”…
posté dans : CHRONIQUES

Encore une (bonne) chronique… Merci à Matthieu et à Bokson !

France, dans les années 90, la scène rock hexagonale ne manque pas de dignes représentants, et la branche noise est à son apogée, fièrement défendue notamment par les Condense, Sleeppers, et Portobello Bones dont les réputations sont encore aujourd’hui intactes. Mais, derrière eux, la liste était longue, et le Basement de “Head On” (1997) squattait incontestablement les premières places acquises aux seconds couteaux, avant de définitivement rejoindre l’élite, un an plus tard, avec un énorme “Underneath” également produit par Fred Norguet. Suivirent quelques concerts en France et en Europe, une sélection pour le FAIR en 2000, avant que le combo ne s’accorde une longue pause, qu’on croyait devenue définitive avant qu’il annonce son grand retour, avec la sortie de ce “Everything Gets Distorted” et tous les dangers inhérents à un come-back souvent décevant. Au diable les préjugés! Manifestement, Basement n’a rien perdu de sa vigueur et de son inspiration, reste fidèle à ses influences de toujours, et revient comme s’il n’était parti qu’hier avec comme seule réelle nouveauté, l’ajout d’un second guitariste. Huit titres sans concession, trente minutes de tension, d’intensité et de bruit, Basement semble lâcher ici d’un coup toute la frustration et l’envie de jouer provoquées par ces années de silence, avec la certitude d’en avoir encore un bon paquet sous la semelle. Le chant est loin et hurlé, les guitares vous découpent au cutter, la basse attaque vos tripes à coups de perceuse, la batterie vous cloute au mur tel Jésus sur sa croix, et vous assistez, impuissants et béats, à une enfilade de déflagrations sonores, toujours mélodiques malgré tout, qui n’ont rien à envier à celles des Sleeppers (post “Cut Off”) avec qui les ressemblances sont nombreuses. “Everything Gets Distorted” ne souffre d’aucun relâchement, est d’une telle cohérence déconcertante qu’il nous interdit de mettre un morceau plus en avant qu’un autre.

Après quelques années de placard, Basement n’a pris ni ride, ni rouille, ni poussière et reste cette véritable machine de guerre avec laquelle on avait achevé le vingtième siècle. Incontournable.

Matthieu (Bokson)

BASEMENT SUR “NEXTCLUES”…
posté dans : CHRONIQUES

Un big Thanks à Bilou pour cette superbe chronique !!

Les Basement nous avaient laissés sur un 5 titres d’une noise fracassante, à peine croyable. Le disque en question, qui s’’appelait Underneath et que j’’ai usé jusqu’’à la couenne, les plaçait instantanément tout en haut de mon classement perso des meilleurs groupes français des 90’’s. Depuis, plus rien… C’’était il y a presque dix ans… fuck… Fin du silence radio.

Non seulement Basement ne semble ne jamais vouloir mourir, mais en plus les libournais se portent à merveille si l’’on en juge par cette nouvelle salve. Cette fois, ils nous offrent huit titres en trente (trop courtes) minutes et je vous conseille de commencer directement par la fin. A la première écoute, c’’est ce fumier de In The Backroom qui m’’a définitivement reconquis. Voilà ce que je comprends : Someone is watching you in the backroom, someone is hearing you in the backroom. Et alors ? Et alors c’’est chanté comme si Perry Farrel se souvenait tout à coup qu’’il avait été ce chanteur hallucinant et absolument fascinant sur Nothing Shocking. Ce court refrain va se loger directement dans votre petite caboche pour ne plus jamais en ressortir. Le mal est fait. Parfait. Basement est à nouveau génial.

Vous pouvez maintenant ouvrir le grand sac de leurs influences et faire le tri : Unsane, The Jesus Lizard, Tantrum, Cop Shoot Cop, Quicksand, Portobello Bones… Vous entendrez un peu de tout cela, mais surtout beaucoup de Basement, et aussi quelques nouveaux groupes qu’’ils ont su digérer depuis tout ce temps – je pense à Pelican et Isis sur Maëlstrom. A partir de là, chaque passage dans votre lecteur sera meilleur que le précédent. Everything Gets Distorted, enregistré avec grande classe par Nicolas de Kill The Thrill, est une rare collection de mélodies magiques, d’’attaques surpuissantes, de sessions questions + réponses entre deux guitares saillantes, de parties plus éclatantes les unes que les autres, de rythmiques saccadées avec un son de basse exactement comme je l’’aime (Hey David Sims, c’’est comme ça que tu le règles ton frigo Ampeg ?), de voix saturées et lointaines comme si ce putain de mégaphone marchait à l’’envers, le tout emballé dans un artwork soigné donc signé Jean-Michel Gimenez, bassiste de Tantrum. Un coup de maître. A tous les niveaux.

Ironiquement, ce disque n’’a pas encore trouvé de distributeur, ce qui fait qu’’il va vous falloir faire le boulot vous-mêmes en allant le commander directement sur leur site. Vous repasserez ensuite pour me remercier. Tant que j’’y suis… un petit trivia pour la fin : à l’’intérieur de quel album peut-on retrouver une photo étrangement identique à celle de la pochette de leur premier cd ? (Le nom de leur label est une next clue…).


(9.5/10)

Bilou

LIVE REPORT - OULLINS - 10/11/2006
posté dans : CHRONIQUES

(…) Basement enchaîne pour un set noise dans le plus grande tradition française. Normal me direz-vous pour un groupe actif depuis les 90’s (les initiés se rappelleront des excellents EP Head on et Underneath). Ce soir ce sera avant tout du nouveau matériel issu de leur nouvel album « Everything gets distorted ». Un vrai régal. La basse bien en avant tenue par la sombre Sabine aussi souriante qu’intrigante de part ces regards, envahit le paysage sonore. Un groove certain accompagne la puissance de la rythmique, les riffs au vitriol ainsi que les mélodies surnageant au beau milieu de ce flot d’’acide. Le chant mi-hurlé mi-parlé se met en retrait mais finit de dépeindre un univers ténébreux où l’’on retrouve ce qui fait la puissance noise des Sleeppers, Tantrum, Drive Blind, etc… L’’ambiance c’’est un peu refroidie. Les corps s’’immobilisent mais les esprits sont bels et bien présents, hypnotisés par la tension vénéneuse qui se dégage. Je vais me répéter mais une fois encore un groupe à suivre de très près d’’autant plus que le nouvel album à mis les p’tits plats dans les grands ! Allez faire un tour sur leur page Myspace pour vous en convaincre. (…)

Merci à Neurotool (Webzine EKLEKTIK)

BASEMENT SUR “FOURTRAQUE”…
posté dans : CHRONIQUES

Et au passage un grand merci à Will…

On se souviendra, pour les initiés, voire les « anciens », que Basement avait déjà marqué la scène noise française dans les années 90, le temps de 2 mini-albums déjà excellents, Head on et Underneath.

Ici, les Libournais font leur grand retour et, aidés d’amis issus de la cette même scène noise (Nicolas Dick des Kill the Thrill pour le son, Jean-Michel Gimenez des Tantrum pour le visuel, ni plus ni moins…), frappent un grand coup. Tant et si bien qu’on est bel et bien en présence, avec ces huit titres détonnants, de l’album noise de l’année avec Signals from elements de leurs camarades bordelais des Sleeppers. La filiation est d’ailleurs assez nette, mais Basement creuse, plus encore que la troupe de Laul et Mamu, la voie d’une noise riche en mélodies, se démarquant ainsi de la zik produite par ces derniers tout en affichant la même qualité dans le rendu, se hissant à leur niveau avec une facilité déconcertante.

De surcroît, ils enrichissent leurs morceaux d’influences indie qui viennent étoffer leur palette sonore et lui donner une ampleur non-négligeable…et la faire gagner en qualité et en lisibilité.


Mais venons-en au contenu, ces morceaux captivants, sans un gramme de trop, et formant un ensemble d’une cohérence à toute épreuve. D’emblée, le riff de Release me, allié à une rythmique élastique et une voix d’abord magiquement susurrée puis plus criée, donne lieu à un morceau énorme, qui, s’il se montre puissant, ne néglige pas pour autant la mélodie et s’avère dévastateur. Passé ce premier coup gagnant, se profile un Negative land lourd et mélodique, tout en gardant ce côté massif propre aux morceaux des Libournais. Et là encore, un riff de feu vient porte ce morceau vers les sommets. Surprise ensuite, ou plutôt habile changement de climat, sur l’intro plutôt délicate de Maëlstrom qui très vite gagne en intensité et voit le chant, superbement distordu, assurer le parfait appui de six-cordes divines et puissantes, pour ensuite laisser un break bien senti relancer le morceau avec brio. Cette alternance prévaudra d’ailleurs sur la totalité du morceau, parfaitement dosé entre le côté rageur et ouvertement noise de Basement et ses penchants plus mélodiques, plus éthérés. Sonar qui suit ces trois premiers morceaux imparables produit les mêmes sensations, oscillant avec bonheur, et une maîtrise surprenante, entre mélodie et zébrures noise du meilleur effet, de même que Slow waiting qui affiche une mainmise instrumentale
stupéfiante et offre, à l’instar des huit morceaux proposés ici, une variété d’atmosphères et une intensité digne des plus grands, s’achevant dans un solo déstructuré façon Page Hamilton, délicieux. Arrive ensuite Train fantôme, saccadé et joliment mélodique, et qui bénéficie d’une basse bien en relief, auquel succède About your behaviour également grandiose. Un morceau proche dans l’esprit de ceux des Sleeppers à partir de Cut-Off, vitriolé par de bons gros riffs et de superbes explosions noise, auxquels succèdent de jolies éclaircies plus mélodiques, qui enfonce définitivement le clou et consacre ce disque, le plaçant définitivement sur le podium français et international de la mouvance noise/post-hardcore. Et pour conclure ce feu d’artifice, In the backroom, court et intense, doté de guitares loquaces et terrifiantes, desquelles tente d’émerger cette voix au diapason de ces morceaux d’un niveau supérieur à tout ce qui peut se faire dans ce style en ce moment.


A se procurer de toute urgence, avec un seul regret, toutefois sans réelle importance : qu’il n’y ait ici que huit morceaux à se mettre sous la dent. Achat impératif, et retour triomphant pour un groupe désormais incontournable. Planet Of Tubes
planetoftubes@fourtraque.com

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