GREEN
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Ça risque de faire un peu ancien combattant au pire, incorrigible nostalgique au mieux mais il ne faut surtout pas tomber dans ces deux pièges. J’ai réécouté Green (1988) de REM et cet album est vraiment énorme. Enorme évidemment car il marque le début des grosses ventes, des tournées gigantesques pour ce groupe jusque là très prisé des college radios mais moins par le grand public US. Stipe commence à perdre ses cheveux, Buck commence à grossir et le duo Mills / Berry ne ressemble toujours pas à grand-chose. Un autre album tourne en boucle à ce moment à la maison, c’est Fisherman’s Blues des Waterboys, avec le souvenir d’un grand concert à l’Elysée Montmartre.
Mais Green est surtout impressionnant par son contenu bien sûr. D’abord, pas un morceau faible. Ensuite, il annonce les prochains albums du groupe (tout ça a posteriori bien sûr). Dans “You Are The Everything”, on entend arriver au grand galop “Losing My Religion”, tandis que Peter Buck découvre la mandoline. Dans “Turn You Inside Out” ou “Get Up”, on entend déjà l’électricité de “I Took Your Name” ou “What’s The Frequency, Kenneth?”.
Cet album est fantastique car il réunit des morceaux très électriques et très acoustiques entrecoupés de perles pop (”Stand” ou le parfait “World Leader Pretend”) sans que ça fasse faute de goût, sans qu’on ait le sentiment que le groupe a mélangé les torchons et les serviettes pour réaliser un gros tas incohérent et indigeste. Toutes les facettes du groupe, du folk au rock via la pop, sur un seul album et tout sonne juste, fait avec la plus grande sincérité. Une vraie référence.
