blog-ART est dead. 2003-2008 / rip
Rendez-vous maintenant sur quepasa
quepasa?

Le modèle psycho-politique du comportement de l’électeur

Présentation du modèle

Le déterminisme social développé par Lazasfeld et ses collègues est sévèrement critiqué par les chercheurs du Survey Research Center (SRC) de l’université de Michigan. A leurs yeux, il ne suffit pas de constater que les Noirs, les catholiques, les Juifs et les ouvriers votent plus souvent démocrate, il faut s’interroger sur la signification de ce vote. La religion, la position sociale ou l’appartenance ethnique leur paraissent impuissantes pour rendre compte des fluctuations électorales à court terme. C’est pourquoi, ils insistent sur la psychologie individuelle plus que sur l’appartenance de groupe, sur les perceptions politiques plus que les caractéristiques socio-culturelles des électeurs.

Ils font l’hypothèse que le vote est d’abord un acte politique, commandé par la perception qu’ont les électeurs des principaux objets politiques. Ils s’appuient pour le démontrer sur les enquêtes nationales menées au SRC de 1948 à 1956 à l’occasion de chaque élection présidentielle, auprès d’échantillons représentatifs de la population en âge de voter, interrogés avant et après l’élection . Le comportement électoral est analysé comme la résultante d’un champ de forces psychologiques, qu’ils mesurent au plus prés de l’élection considérée, en s’attachant surtout à explorer les attitudes des électeurs à l’égard des candidats, des partis et des programmes. La variable clé du vote à leurs yeux est « l’identification partisane », attachement affectif et durable de l’électeur à un des deux grands paris qui structure la vie politique américaine. Plus les électeurs s’identifient à un parti, plus ils sont favorables aux candidats et aux positions qu’il soutient. L’identification partisane, généralement forgée dès l’enfance et transmise par les parents, renforcée par le milieu social et professionnel, confère une grande stabilité aux choix électoraux.

Limites du modèle

Pendant près de vingt ans, le paradigme de Michigan va dominer l’analyse du comportement électoral. Il va toutefois très vite être mis en cause, tel V.O Key qui récuse la notion d’un électorat passif, prisonnier de « la camisole de force » des déterminants sociaux ou psychologiques, pour celle d’un électeur actif, raisonnable et autonome.
Mais la critique la plus décisive est portée par H.Nie, Sidney Verba et John R. Petrochik en 1976. Reprenant les mêmes données, celles des enquêtes du SRC (1956-1972), ils montrent que le modèle de Michigan, élaboré durant les années Einenhower, est dépassé et ne rend plus compte du comportement électoral des américains.


Campbell Angus, Converse Philip, Miller Warren, Stokes Donald, “The American Voter”, New York, Wiley and Sons, 1960
NieNorman H., Verba Sidney, Petrochik John R., “The Changing American Voter”, Harvard University Press, 1976
Mayer Nonna, Perrineau Pascal, “Les comportements politiques”, Armand Colin Editeur, Paris, 1992

Leave a Reply



certains droits réservés - some rights reserved
certains droits réservés - some rights reserved


certains droits réservés - some rights reserved