Ethologie humaine
Vendredi, octobre 8th, 2004Champs d’études de l’éthologie humaine
Léthologie humaine a pour objet de porter un regard biologique sur les comportements de lhomme et ses structures sociales. Elle cherche à décrire ce que fait réellement un individu (réalité objective) dans un contexte donné.
Quel que soit le champ détude abordé par la biologie, le fonctionnement de lorganisme doit être compris dans sa globalité : c’est-à-dire lorganisme dans son entier ainsi que ses relations avec son environnement physico-chimique : le biotope, et avec son environnement bio-sociologique : la biocénose. Cest la coordination des organes ou des organites cellulaires qui rend la vie possible. Le comportement est la phase visible de cette organisation.
Le champ détude de léthologie humaine se situant à lintersection de la biologie et de létude du comportement social et individuel, elle apparaît comme une discipline à la fois interface et complémentaire des autres disciplines des sciences humaines.
Boris Cyrulnik (1989) : « Quand les psychologues appliquent à leur objet de science lattitude et la méthode éthologiques, on parle déthopsychologie. Les anthropologues qui consacrent une partie de leur travail à faire des observations non verbales, font de létho-antropologie. Quand les linguistes observent les comportements lors des actes de paroles ou des scenarios lors des conversations, ils font de létholinguistique. Les urbanistes font de létho-urbanisme, les neurologues de léthoneurologie et les psychanalystes de léthopsychanalyse »
Jacques Cosnier, Dominique Bourgain, (1993) : « [Léthologie] nous apparaît comme étant une discipline transversale recouvrant une partie de la linguistique, une partie de la sociologie, une partie de lanthropologie, une partie de la psychologie, etc.. Elle est présente chaque fois quobservation-description naturalistes sont mises en uvre, c’est-à-dire aujourdhui où lon a pu séchapper du carcan imposé par les préjugés expérimentalistes, dans des secteurs en plein développement quils sintitulent dailleurs eux-mêmes éthologiques ou non. La dénomination najoute rien à laffaire »
.« Aussi peut-on dire en 1991 que léthologie humaine, fortement initiée par des chercheurs comme Spitz, Bateson, Goffman et aujourdhui très développée entre autre par des ethno-méthodologues, sidentifient en grande partie avec le vague mouvement de l « interactionnisme » contemporain »
Application des méthodes éthologiques à l’homme
Les méthodes de léthologie sont basées sur lobservation et la description la plus fidèle des évènements. Ce nest pas lobservateur qui pose les questions, mais bien lindividu ou le groupe dindividus qui est observé. Tout objet détude doit être appréhendé comme quelque chose dinconnu dont on veut appréhender le fonctionnement.
Boris Cyrulnik (1989) : « Le piège réside dans la manière de poser les questions, car nous humains, ne pouvons décrire ce que nous observons quen nommant les choses. Il y a toujours un moment où lon finit par parler et mettre en mots ce quon observe. Nous introduisons de ce fait une trahison supplémentaire dans nos observations. Un fils de goéland ne saccouple pas avec sa mère, mais au cas où il le ferait, réaliserait-il un inceste ? Cest lobservateur humain qui nomme « inceste » cet acte sexuel. Ce nest pas lacte qui marque le passage de la nature à la culture, cest le fait de dire que cet acte est un « inceste » et de linterdire »
- > Déterminer lunité comportementale
- > Elaborer un éthogramme, c’est-à-dire un catalogue des comportements de lhomme dans un contexte donné. Ce dernier ne peut avoir un caractère définitif, il devra sadapter et évoluer à travers les situations et les individus
- > Rester à un niveau à un niveau descriptif : utiliser des enchaînements de termes décrivant des actes moteurs, pouvant par ailleurs être précisés par des qualificatifs
Bien que lobservation directe soit privilégiée, le recours à un questionnaire dit éthologique est parfois nécessaire lorsque le chercheur ne peut accéder directement aux données. Ce type de questionnaire doit permettre un recueil de données objectives, les questions devant être posées de manière à obtenir seulement des descriptions de situations et de comportement précis.
Poupard Jean Marc (1998), « Contribution à la connaissance des comportements humains en milieu urbain:étude biosociologique du centre commercial régional de Créteil Soleil », Thèse ès Sociologie, Université René Descartes (Paris V)