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Ethologie humaine

Champs d’études de l’éthologie humaine

L’éthologie humaine a pour objet de porter un regard biologique sur les comportements de l’homme et ses structures sociales. Elle cherche à décrire ce que fait réellement un individu (réalité objective) dans un contexte donné.

Quel que soit le champ d’étude abordé par la biologie, le fonctionnement de lÂ’organisme doit être compris dans sa globalité : c’est-à-dire lÂ’organisme dans son entier ainsi que ses relations avec son environnement physico-chimique : le biotope, et avec son environnement bio-sociologique : la biocénose. CÂ’est la coordination des organes ou des organites cellulaires qui rend la vie possible. Le comportement est la phase visible de cette organisation.

Le champ d’étude de l’éthologie humaine se situant à l’intersection de la biologie et de l’étude du comportement social et individuel, elle apparaît comme une discipline à la fois interface et complémentaire des autres disciplines des sciences humaines.

Boris Cyrulnik (1989) : « Quand les psychologues appliquent à leur objet de science l’attitude et la méthode éthologiques, on parle d’éthopsychologie. Les anthropologues qui consacrent une partie de leur travail à faire des observations non verbales, font de l’étho-antropologie. Quand les linguistes observent les comportements lors des actes de paroles ou des scenarios lors des conversations, ils font de l’étholinguistique. Les urbanistes font de l’étho-urbanisme, les neurologues de l’éthoneurologie et les psychanalystes de l’éthopsychanalyse »
Jacques Cosnier, Dominique Bourgain, (1993) : « [L’éthologie] nous apparaît comme étant une discipline transversale recouvrant une partie de la linguistique, une partie de la sociologie, une partie de lÂ’anthropologie, une partie de la psychologie, etc.. Elle est présente chaque fois quÂ’observation-description naturalistes sont mises en œuvre, c’est-à-dire aujourdÂ’hui où lÂ’on a pu s’échapper du carcan imposé par les préjugés expérimentalistes, dans des secteurs en plein développement – quÂ’ils sÂ’intitulent dÂ’ailleurs eux-mêmes éthologiques ou non. La dénomination nÂ’ajoute rien à lÂ’affaire »….« Aussi peut-on dire en 1991 que l’éthologie humaine, fortement initiée par des chercheurs comme Spitz, Bateson, Goffman et aujourdÂ’hui très développée entre autre par des ethno-méthodologues, sÂ’identifient en grande partie avec le vague mouvement de lÂ’ « interactionnisme » contemporain »

Application des méthodes éthologiques à l’homme

Les méthodes de l’éthologie sont basées sur l’observation et la description la plus fidèle des évènements. Ce n’est pas l’observateur qui pose les questions, mais bien l’individu ou le groupe d’individus qui est observé. Tout objet d’étude doit être appréhendé comme quelque chose d’inconnu dont on veut appréhender le fonctionnement.

Boris Cyrulnik (1989) : « Le piège réside dans la manière de poser les questions, car nous humains, ne pouvons décrire ce que nous observons qu’en nommant les choses. Il y a toujours un moment où l’on finit par parler et mettre en mots ce qu’on observe. Nous introduisons de ce fait une trahison supplémentaire dans nos observations. Un fils de goéland ne s’accouple pas avec sa mère, mais au cas où il le ferait, réaliserait-il un inceste ? C’est l’observateur humain qui nomme « inceste » cet acte sexuel. Ce n’est pas l’acte qui marque le passage de la nature à la culture, c’est le fait de dire que cet acte est un « inceste » et de l’interdire »
- > Déterminer l’unité comportementale
- > Elaborer un éthogramme, c’est-à-dire un catalogue des comportements de lÂ’homme dans un contexte donné. Ce dernier ne peut avoir un caractère définitif, il devra sÂ’adapter et évoluer à travers les situations et les individus
- > Rester à un niveau à un niveau descriptif : utiliser des enchaînements de termes décrivant des actes moteurs, pouvant par ailleurs être précisés par des qualificatifs

Bien que l’observation directe soit privilégiée, le recours à un questionnaire dit éthologique est parfois nécessaire lorsque le chercheur ne peut accéder directement aux données. Ce type de questionnaire doit permettre un recueil de données objectives, les questions devant être posées de manière à obtenir seulement des descriptions de situations et de comportement précis.


Poupard Jean Marc (1998), « Contribution à la connaissance des comportements humains en milieu urbain:étude biosociologique du centre commercial régional de Créteil Soleil », Thèse ès Sociologie, Université René Descartes (Paris V)

One Response to “Ethologie humaine”

  1. valérie Says:

    comment mettre en place un ethogramme afin d’étudier les comportements d’ un groupe de personnes (6) vivant en collectivité? quels supports existent déjà?
    Merci de me répondre… nous sommes quelque peu démunis…
    Valérie.

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