Théorie de l’équité
La théorie de léquité est une norme utilisée par les individus pour évaluer le caractère juste ou injuste de ce quils obtiennent ou reçoivent lors dun échange social ou à lissue dune transaction. Il sagit dune norme de mérite : lindividu va percevoir une situation juste dans la mesure où ce quil obtient par rapport à ce quil engage est proportionnel à ce que lautre partie obtient par rapport à ce quelle a engage. La perception du caractère juste ou injuste est nécessairement relative à un autre socialement identique qui va servir de référent : une situation nest pas juste ou injuste dans labsolu.
Ainsi par exemple, pour évaluer sa situation de travail, le salarié va comparer ce quil apporte à lentreprise dans laquelle il travaille (son expertise, son investissement, son dynamisme, son adaptabilité, son ancienneté
) et ce quil obtient en contrepartie (sa rémunération, ses primes, sa reconnaissance au sein de son service ou de lentreprise
) à ce quobtient un référent par rapport à ce quil fournit. Ce référent pouvant être par exemple un salarié de la même entreprise occupant un poste similaire, mais également un poste différent (par exemple : le poste que joccupe nécessite de maîtriser la langue anglaise ce qui nest pas le cas du poste du salarié X qui me sers de référent
japporte langlais, le salarié X napporte pas langlais, je dois donc obtenir une rétribution plus élevée que ce le salarié X.), ou encore à un salarié dune entreprise différente, la comparaison deffectuant sur les bases des prix du marché
Pour établir le caractère juste ou injuste dune situation, lindividu va établir des ratios de comparaison entre dune part ses contributions et ses rétributions et dautre part entre les contributions et les rétributions de son référent :

Une situation est perçue juste lorsque les ratios des deux parties sont équilibrés. Un déséquilibre entre les ratios entraîne une situation dinéquité. Liniquité survient non seulement lorsque lindividu est relativement sous-retribué mais également lorsqu il est relativement sur-rétribué c’est-à-dire lorsquil estime être sur-compensé au regard de ses contributions. Il semblerait par ailleurs que le sentiment de sous-équité soit plus vite atteint que celui de sur-équité.
Il importe de souligner le caractère très perceptuel des contributions et des rétributions : elles dépendent du contexte historique et culturel de la situation, des valeurs des individus, des informations quils détiennent et doivent être identifiables par lensemble des parties de la situation et être perçues comme adéquates pour en évaluer le caractère juste ou injuste. Aussi le poids perçu de ses propres contributions et rétributions ainsi que de celles de son référent sont multiples entraînant de nombreuses formes de situations. Par exemple, l individu qui estime avoir apporté « énormément » de contributions et obtenu de « dassez faibles» récompenses par rapport à un autre individu ayant engagé « beaucoup » de ressources et obtenu des récompenses « très élevées » aura un sentiment dinjustice moins important si les rétributions de son référent sont seulement « élevées »
La perception dune iniquité sera plus élevée lorsque quil y aura double déséquilibre des ratios c’est-à-dire aussi bien au numérateur (contributions) quau dénominateur (rétributions) quun mono déséquilibre, c’est-à-dire soit au numérateur, soit au dénominateur.
Léquilibre ne veut pas nécessairement dire égalité entre les ratios mais plutôt cohérence. Ainsi, une personne percevra une situation équitable lorsque ses contributions et ses rétributions sont faibles alors que celles de son référent sont toutes les deux élevées.
Le tableau suivant présente une matrice simplifiée des différents cas de figure possibles de la perception du sentiment diniquité dans la mesure où seules deux modalités de lintensité des contributions et des rétributions sont envisagées : faibles ou élevées. Le symbole arithmétique = correspond à une situation déquité, le symbole < à une situation de sous-équité (du point de vue de lindividu) et le symbole > à une situation de sur-équité. Afin de représenter les différences dintensité diniquité perçues, le nombre de symboles varie (par exemple >>correspond à un sentiment de sur-équité plus important que >)

La nature et lintensité de liniquité issues de la comparaison des ratios Contributions/Rétributions de lindividu et du (des) référent(s) - Adaptation de Adams (1963)
Le sentiment diniquité va entraîner chez lindividu un état de tension psychologique : en situation de sous-équité, lindividu va avoir un sentiment de colère de frustration et en situation de sur-équité il va culpabiliser. Lindividu va chercher à rétablir le sentiment déquité de manière comportementale en augmentant ou en diminuant les contributions et rétributions des ratios, et si cela est impossible de manière cognitive adaptant des valeurs perçues des contributions et des rétributions.
Ainsi par exemple, en situation de sous-équité le salarié peut agir en réduisant son implication au travail, demander à son employeur une promotion, quitter lentreprise ou bien modifier psychologiquement les ratios en changeant de référent et se comparer à dautres personnes dans la société dont le ratio contribution/rétribution permettra détablir une situation déquilibre.
Le sentiment de liniquité ne dépend pas seulement de son intensité mais également de la tolérance de lindividu à supporter cet état et de la possibilité dy faire face. Ainsi par exemple loption « quitter lentreprise » sera choisie lorsque le salarié ne voit aucune issue possible.
Adams, J. S. (1963), Toward an Understanding of Inequity, Journal of Abnormal and Social Psychology, 67, 422-436
Festinger, L. (1957), A theory of cognitive dissonance, Evanston, Ill., Row, Peterson
Homans G.C. (1961), Social Behavior, Its Elementary Forms , London : Routledge & Kegan
octobre 26th, 2005 at 15:17
Super comment !!! Pour mes cours du soir c’est impec !!! Merci Delphine …
Gregosse02.skyblog.com
mars 27th, 2006 at 9:23
Bonjour,
je trouve votre blog tres sympa! et plus particulièrement ce petit paper sur la théorie de l’équité, tres précis et concis.
Je suis étudiant à bruxelles, à l’école de commerce Solvay (www.solvay.edu) et je fais un mémoire en GHR sur la formation du sentiment d’équité dans l’évaluation des performances au sein des entreprises. Le but est de déterminer comment se forme le sentiment d’équité ou d’inéquité, comment les individus qui sont en état de sur ou de sous équité réagissent (vols, démotivation, remotivation, désengagement) au quotidien apres quoi je devrais valider mes recherches par une 40taine d’interviews.
Je me demandais si vous avez des références intéressantes, ou des idées qui pourraient étoffer mon étude ?
merci pour votre aide et pour votre article!
Bao LE
septembre 22nd, 2006 at 20:05
je trouve votre blog très interessant.
je prépare une thèse en marketing et j’ai vraiment besoin des dilemmes de kholberg en français.si vous pouvez m’orienter, ce serait gentil à vous.
merci delphine.
décembre 4th, 2007 at 13:56
Merci pour ces informations , je fais un mémoire qui traite de la valeur perçue et cinéma. Il se trouve que le concept de valeur perçue trouve son origine dans la théorie de l’équité formulée par Adams. Votre article est tres enrichissant.
Si je peux me mettre de vous demander une chose , je n’arrive pas à trouver l’article de Adams 1963 cité dessus , si vous l’avez , ca me ferai beaucoup plaisir que vous me l’envoyiez sur cette adresse momooo83@hotmail.com .
Merci
mars 29th, 2008 at 10:40
runs from seventeen and eighteen to four and five-and-twenty my space layouts with butterflies sometimes called bounties. But we must, in all cases, attend to jevbuaumpp