Archive for avril, 2005

La notion de paradigme

Mercredi, avril 20th, 2005

Toute analyse d’un phénomène se fait en faisant appel à un paradigme. Lorsque nous cherchons à conférer du sens à un phénomène, c’est-à-dire à le rendre intelligible, naît la confrontation entre ce nous appelons « la réalité » à un certain nombre de références servant de projet ou de décodage. Le paradigme est utilisé par le chercheur pour transformer une appréhension de la réalité en une représentation scientifique. Il s’agit d’un mécanisme perceptif et cognitif qui transforme la réalité en représentation : il procède à des sélections et des recompositions afin de pouvoir donner du sens à une réalité. Il est un ensemble d’éléments épistémologiques, théoriques, conceptuels et cohérents, « qui servent de cadre de référence à la communauté des chercheurs de telle ou telle branche scientifique » (Kuhn, 1962). A noter que lorsque la réalité est complexe, le paradigme est forcément réducteur.

Exemple de paradigme : le paradigme de la disconfirmation


Mucchielli A. (1995), Psychologie de la communication, Puf
Kuhn T.S. (1962), La structure des révolutions scientifiques, Flammarion, 1972

Admission au Master Recherche en Management

Lundi, avril 18th, 2005

Le Master Recherche en Management de l’Institut d’Administration des Entreprises de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour a commencé sa campagne de recrutement 2005/2006. Les informations relatives aux modalités d’inscription et au retrait des dossiers de candidature sont données sur le site du laboratoire de gestion de l’UPPA, le Centre de Recherche en Gestion. Pour toute information complémentaire, n’hésitez pas à contacter le Directeur de la formation, Christophe Benavent.

La méthode expérimentale

Mercredi, avril 6th, 2005

La méthode expérimentale a été mise au point dans les sciences médicales. C’est par exemple la méthode qu’a employé l’obstétricien hongrois Ignace-Philippe Semmelweis lorsqu’il a mené une série d’expérimentation de 1844 à 1848 concernant la fièvre puerpérale qui touchait une part importante des femmes qui venaient d’accoucher et entraînant un taux de décès élevé. Partant du constat que dans une maternité voisine, où les femmes étaient prises en charges par des sages femmes, la mortalité y était cinq fois moindre, Semmelweis s’interrogea sur les causes possibles de ce taux anormalement élevé d’infection puerpérale. Dans sa maternité, les jeunes mères étaient suivies par des étudiants passant indifféremment de l’amphithéâtre d’anatomie où ils travaillaient sur des cadavres à la salle d’accouchement en se lavant les mains superficiellement. En 1847, un confrère pratiquant une autopsie avec un étudiant s’entailla profondément un doigt avec un scalpel et mourut d’une maladie douloureuse dont les symptômes étaient en tous points comparables à ceux observés sur les patientes atteintes de la fièvre puerpérale.
Semmelweis posa alors l’hypothèse que le scalpel cadavérique introduit dans le sang de son confrère était la cause de son décès et que les jeunes mères avaient contracté leur infection de la même manière. Eliminer des mains des étudiants l’élément infectieux en le détruisant chimiquement devait donc permettre d’éviter la fièvre puerpérale.
Pour mettre son hypothèse à l’épreuve, il demanda à tous les étudiants de se laver les mains dans une solution de chlorure de chaux avant d’examiner une patiente : le taux de mortalité baissa rapidement pour devenir presque nul. Semmelweis avait par ailleurs mis en place un groupe de contrôle : lui et ses assistants après s’être désinfectés les mains examinèrent une patiente atteinte d’un cancer du col de l’utérus, puis douze autres femmes dans la même salle après un lavage de mains superficiel, sans nouvelle désinfection : onze des douze femmes moururent de la fièvre puerpérale…Son hypothèse était donc validée ( !)

Une expérimentation bien menée peut constituer un outil très puissant qui permet d’administrer la preuve des théories que l’on soutient. Deux grandes limites à cette méthode peuvent être soulignées : le biais de l’expérimentateur et la sélection des sujets.
En psychologie sociale, les expérimentations sont réalisées sur des sujets humains qui se portent volontaires pour participer à une procédure expérimentale.

Cette dernière se déroule selon un ensemble bien précis de consignes que l’expérimentateur présente à son sujet. Mais il se peut que l’expérimentateur livre sans le vouloir des indices sur le comportement et les réponses à adopter (ceci afin de valider au mieux les hypothèses formulées à priori). Pour éviter cela, les chercheurs ont recours à l’expérimentation en double aveugle où ni l’expérimentateur ni le sujet ne sont informés des objectifs réels de l’expérimentation.
Concernant la sélection des sujets, le deux principaux problèmes rencontrés sont liés à la petite taille de l’échantillon et à la représentativité des sujets de la population.



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