Archive for juin, 2005

Violence symbolique

Dimanche, juin 12th, 2005

Dans l’une de ses conférences donnée en 1996, Pierre Bourdieu définit la violence symbolique : ce sont des coups en quelque sorte qui s’exercent avec la complicité tacite de ceux qui la subissent et de ceux qui l’exercent où les uns et les autres sont inconscients de subir cette violence.


Pierre Bourdieu (1996), Sur la télévision. Le champ journalistique et la télévision. DVD Vidéo, 110mn- Prod. : le Collège de France, le CNRS et Arts et éducation

Fashion

Vendredi, juin 10th, 2005

La mode est à la fois un moyen pour exprimer et accentuer son appartenance à un groupe social par l’imitation et dans un même temps d’affirmer son individualisation par la distinction. Ainsi, la mode répond à la fois à un besoin d’unicité et de conformité : elle permet à l’individu de s’individualiser en se distinguant par sa tenue vestimentaire sans pour autant se couper de son groupe d’appartenance : « La mode n’est rien d’autre qu’une forme de vie parmi beaucoup d’autres, qui permet de conjoindre en un même agir unitaire la tendance à l’égalisation sociale et la tendance à la distinction individuelle, à la variation ».


Simmel, G. (1904), Fashion, International Quarterly, 10, pp. 130-155

La mode et le vecteur de la norme

Mardi, juin 7th, 2005

L’individualisme

La motivation pour être à la mode est l’envie de se faire remarquer, d’être distingué. La mode est une manifestation d’individualisme et de marginalité. On cherche à se distinguer en ayant un habillement nouveau, original, jamais vu. La personne à la mode ne veut pas être habillée comme la masse, elle répond ainsi à un besoin d’isolement, d’exhibitionnisme, de différenciation. Il y a une exaltation de la différence dans ce besoin de ne pas être comme les autres et d’attirer l’attention. Il y a une provocation dans la mode, comme dans tout exhibitionnisme (voir Descamps, L’exhibitionnisme, in Encyclopédie de la sexualité, Ed. Universitaires, 1973). Il y a aussi chez bien des êtres, et surtout des jeunes, un besoin d’être regardé. S’ils n’attirent pas les regards d’autrui, ils ne se sentent pas exister. Dans tous ses travaux sur la mode, A. Krœber lui donne comme mobile principal le changement et la différenciation. La mode est, pour lui, essentiellement l’amour du changement pour le changement.

Le conformisme

Mais ce désir de se singulariser est commun à tout un chacun. Et chacun avec son désir individuel de ne pas être comme les autres est justement conforme en cela à tous les autres. La mode est, en effet, un phénomène de contagion imitative. Avec son désir de se singulariser par la mode, le résultat est que tout le monde se copie. Et finalement tout le monde s’habille pareil et se ressemble. Le meilleur exemple en est notre costume masculin qui, avec monotonie, s’uniformise sur toute la surface de la terre. Une mode n’existe, en effet, que si elle se diffuse. Et la mode c’est l’identification à un modèle prestigieux. Elle a par là une fonction unificatrice. Par l’exaltation de la ressemblance, la mode est un phénomène de conformisme. Pour Herbert Spencer (Les institutions cérémonielles, in Principes de sociologie, 1879), la mode est un rituel de ressemblance et non de différence. Par son adoption et sa diffusion, elle tend à l’égalisation. Elle est donc privilégiée par les sociétés démocratiques. L’enquête que fit Elisabeth Hurlock, en 1929 (The Psychology of Dress), confirme cette conclusion. La principale motivation des femmes interrogées était de ne pas se faire remarquer. Elles ne suivaient la mode que contraintes et forcées, pour être comme les autres.


Extrait de Descamps M.A (1979), Psychologie de la mode, PUF (1984)



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