De l’ère traditionnelle à l’ère post-moderne
Mercredi, mars 31st, 2004Dans son ouvrage “The coming of post-industrial society” publié en 1973, le sociologue américain Daniel Bell situe la fin de lère traditionnelle à la fin du XIIIième siècle par une triple révolution politique, industrielle et sociale. Commence alors lépoque moderne qui correspond au développement du capitalisme, la société est considérée comme une société industrielle dans le cadre de létat nation. Cette ère moderne va durer près de 200 ans pour sachever au cours de la décennie soixante dix du XXième siècle. L ère post-moderne apparaît alors. Si le courant dit postmoderne na été que récemment pris en compte en sciences de gestion, cela fait plus de vingt cinq ans quil a émergé en sciences sociales. .
La modernité
=> La rupture avec la tradition
La modernité rompt avec tout ce qui la précède et quelle réunit sous le vocable “tradition”.
« Moderne » (du latin modernus : « qui est récent ») a été introduit au XVIième siècle afin de différencier certains aspects du monde contemporain de ceux de la période de lAntiquité gréco-romaine. Jusquau XVIIIième siècle, moderne sopposera à ancien. Le concept de modernité connaît un développement important à la fin du XVIIIième siècle et sétend à de nombreux domaines.
La modernité correspond à une révolution intellectuelle où le rapport de lhomme au monde change. Linvention de la machine à vapeur, le développement des technologies, des transports, larrivée de limprimerie, la croissance économique sont autant déléments qui vont favoriser la circulation des connaissances. Le référentiel « passé » autour duquel la légitimation était centrée, est remis en cause : lhomme moderne nest plus soumis à une quelconque transcendance ou à un quelconque ordre cosmologique. La société toute entière souvre donc à la nouveauté, la représentation du monde sappuie sur de nouveaux fondements. Pour ne citer quun exemple, la représentation de lunivers fondée sur le système de Ptolémée qui saccordait très bien avec le modèle biblique de la création du monde cède la place au modèle héliocentrique pour lequel Galilée avait été jugé coupable dhérésie par les autorités religieuses en 1633.
=> La raison et le rationalisme
Une économie industrielle dont le mode de production est axé autour des valeurs defficacité et de productivité se développe. Au sein de cette société émerge un individu autonome et rationnel qui va sinscrire dans cette nouvelle logique.
La « vérité » na plus comme fondement des dogmes ancestraux ou religieux mais la raison, cest-à-dire la faculté mentale de penser logiquement. La rupture avec la tradition sinscrit dans lavènement du cartésianisme avec le rationalisme défini comme “Doctrine selon laquelle rien de ce qui existe ne trouve une explication qui soit étrangère à ce que la raison humaine peut accepter” (Dictionnaire de Sociologie, Larousse). Cette disposition desprit naccorde de valeur quà la raison, sopposant aux arguments dautorité tirés des révélations religieuses et à lattitude qui fait reposer la connaissance sur lempirisme.
=> La découverte du devenir
Alors que lère traditionnelle se réfère au passé avec une absence dinnovation, la notion de progrès est dans lère moderne est omniprésente : de multiples inventions technologiques sont conçues et réalisées dans le but daméliorer les conditions de vie. Lindividu sinscrit dans le domaine du progrès et du projet, et donc de lavenir.
=> Lindividualisme
L’ individu est reconnu comme une entité à part entière. Possèdant la capacité de raisonner,il peut utiliser sa pensée et se libérer du pouvoir de toute forme dautorité arbitraire.
















