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INTERVIEW SUR LE WEBZINE GENEVA PUNK SKA
GenevaPunkSka : Peux-tu nous faire une petite présentation du groupe, pour ceux qui ne vous connaissent pas ?
Gravity Slaves : Et bien nous sommes les Gravity Slaves, nous venons dOrléans la chaude. Le groupe existe depuis 1995, soit bientôt 10 ans. Au début cétait un petit groupe de jeunes lycéens et puis cest devenu de plus en plus sérieux. En 10 ans, on a fait pas mal de chemin, on a fait beaucoup de concerts (avec entre autres : Burning Heads Portobello Bones, Unlogistic, Keneda, Flying Donuts, Lofofora, Human Alert, Houston Swing Engine, Seven Hate
). On a sorti un maxi en 2000. Puis on a sorti Choice en 2002. Notre premier album distribué nationalement est sorti au mois de novembre 2004 chez The Age Of Venus Records.
GPS : Votre nouvel album, Come Down vient de sortir sur The Age of Venus Records. Finalement votre style ne paraît pas si différent aujourdhui quà votre première démo, mais la progression est impressionnante. Quel regard portes-tu aujourdhui sur le premier album Choice et la démo qui la précédé ?
Gravity Slaves : Choice nétait pas vraiment notre premier album. A la base on la enregistré pour démarcher les labels. Cest un disque qui a été enregistré en 2 jours dans notre local de répèt. En fait, tout le monde nous en a dit du bien alors on a gravé des disques et on a fait une pochette DIY à lancienne. Je pense que Choice est très spontané comme disque. Il a été enregistré en live, donc il a la patate. Cela dit, le son est quand même un peu léger, cest pour cela quon a préféré ne pas le presser. On a écoulé tous les exemplaires du disque. Il devrait dailleurs être dispo dans peu de temps en mp3. En ce qui concerne le maxi que lon a sorti en 2000, je dirais que cest un disque encore très punk. On sest un peu éloigné du punkrock basique en fait. On compose beaucoup plus en se focalisant sur les ambiances, les atmosphères, les sources dhumeur. En quelque sorte, on essaie dorganiser notre défouloire de mettre en place une cohérence dans les morceaux.
GPS : Gravity Slaves est né il y a déjà longtemps et vous avez relativement peu de titres disponibles, dautant que quelques titres de Come Down étaient déjà sur Choice dans une autre version. Quelle est votre méthode et votre rythme de composition ?
Gravity Slaves : En fait, on compose au feeling. On na pas vraiment de méthode de composition. On apporte des bouts de morceaux, des riffs et puis on voit ce que lon en fait après. Cest assez fusionnel comme manière de composer. Chacun amène sa touche, sa vision du morceau. Pour Come Down, on a décidé de reprendre des titres de Choice car ce sont des morceaux qui fonctionnent très bien sur scène et on avait envie quils soient disponibles sur disque. Je le répète Choice est un produit de démarchage. Relativement peu de personne ont un exemplaire chez eux. Ce disque nous a servi pour la promo et le démarchage. Il nest plus disponible et ne le sera plus en dehors des mp3 . Après, peu de titres sont disponibles car nous navons jamais voulu enregistrer dans des studios qui nous coûteraient les yeux de la tête pour faire un disque de merde, immature et trop ambitieux. Beaucoup de groupes lont fait, ils ont perdu du temps, de largent et de la crédibilité. Nous avons notre expérience via la scène, nous avons attendu de vraiment gérer la scène pour se lancer dans un album un temps soit peu produit.
GPS : Cest Samprass de Burning Heads qui a co-enregistré et co-produit votre album. Vous collaborez beaucoup avec les Burning ?
Gravity Slaves : "Collaborer avec Burning Heads", je trouve la tournure de phrase un peu trop académique en fait. En effet, on a pas mal joué avec les Burning, ils aiment notre musique et notre démarche. Cest la même pour nous. En fait, ils nous connaissent quasiment depuis le début. Ils ont vu le groupe évoluer. Samprass sest proposé pour faire le producteur-artistique sur Come Down, il est très motivé par tout ce que lon fait, il nous donne son avis, nous guide dans certains choix. Les Burning nous transmettent leurs expériences, leur vécu. On a des rapports très humains avec eux. Guillaume, (bassiste), les suit actuellement en tant que roadie pour leur tournée européenne, Nicolas (guitare) a fait du didgeridoo et du saxophone sur lalbum Opposite. Bref, cest un rapport déchange qui est très appréciable. En même temps, je suis obligé dajouter que lalbum naurait pas vu le jour sans P.E. de Near Death Experience qui était derrière la console pendant tout lenregistrement. Cest un ingé-son très talentueux qui a enregistré Burning Heads, Poney Club, Collection DArnell Andréa, NDE et bien dautres. Bref, big up à lui et au Studio Nyima.
GPS : Quelles sont vos influences majeures communes en tant que groupes ? Et quels sont tes disques favoris ?
Gravity Slaves : Pour les influences communes je dirais : Sleeppers, Portobello Bones, Burning Heads, At The Drive In, Fugazi, Tool, RATM, Standstill, Refused. Pour ce qui est de mes disques favoris je dirais : The Argument et Repeater de Fugazi, Hot Damn de Every Time I Die, Dedication de Raised Fist, The Shape of Punk to Come de Refused, End Transmission de Snapcase, Fear of a Black Planet de Public Enemy, Evil Empire de Rage Against The Machine, Cut Off de Sleeppers, Check Your People de Downset, Hard to Earn de Gangstarr et plein dautres que joublie.
GPS : Vous jouez beaucoup en France (environ 300 dates à ce jour ?), nest-ce pas assez difficile de trouver des structures pour des concerts en France pour des groupes comme le vôtre ?
Gravity Slaves : Si, cest difficile de nos jours, parce quil y a de moins en moins de lieux prêts à accueillir des groupes qui font du gros son. Cela dit, on a un réseau de contact qui nous permet de trouver des dates cool. Quand untel ne fait plus de concert, il a toujours moyen de taiguiller sur une autre personne susceptible de te faire jouer. Come Down arrive donc pile-poil pour démarcher des plus grosses structures qui pourraient nous proposer des premières parties.
GPS : Avez-vous déjà joué à létranger ? Si non cest pour quand ?
Gravity Slaves : Nous navons pas encore joué à létranger. En fait cest encore plus chaud financièrement que de jouer en France. Cela nous botterait bien de la faire. Mais à vrai dire pour linstant on est plus sur nos dates en France. Donc je nai aucune idée de quand nous jouerons à létranger.
GPS : Des coups de cur en matière de disques ou de groupes sur scènes cette année ou bien vous êtes plutôt du genre à écouter des choses moins récentes ?
Gravity Slaves : Oui en coup de cur, il y a Poney Club un groupe de post-rock qui sort son album Guity Winds Exist en février 2005. Le disque est très bon. On prend aussi notre claque avec le nouveau John Frusciante. Perso, jaime le nouvel album de La Rumeur, il fout une bonne grosse baffe à tout les babyloniens du hiphop français. Sinon on aime bien TV On the Radio. Il y a Standstill et Every Time I Die aussi qui nous ont bien scotchés. On attend aussi le prochain Mars Volta avec impatience. Des groupes comme Botch me plaisent beaucoup en ce moment.
GPS : À quoi ressemble votre public ? les publics hardcore ou punk mélo se retrouvent-ils dans votre musique ou vous adressez vous plutôt aux amateurs de post-rock, emo etc ?
Gravity Slaves : Je nai aucune espèce didée dà quoi ressemble notre public. A vrai dire quand on joue avec des groupe hardcore ou metal, il y a plus de punks et de mecs qui se foutent sur la gueule quand tu envois le bouzin. Sinon ya aussi un public beaucoup plus calme et posé. Mais je crois que notre musique scotche de plus en plus les gens. Des fois, on stresse, on se dit "merde le public était mou ce soir" et en fin de compte cest quand le public bouge le moins que les gens viennent le plus nous voir à la fin des concerts pour nous dire quils ont pris une baffe. Mais je ne pense pas quon ait un public uniforme. Cest un public assez varié.
GPS : Si vous pouviez jouer avec un groupe, nimporte lequel, quel serait votre choix ?
Gravity Slaves : Je ne sais pas ce quen pense les autres mais pour moi ce serait Fugazi…
GPS : Et si vous pouviez signer sur un le label de votre choix, y en a-t-il un dont vous rêvez la nuit ?
Gravity Slaves : Réver dune signature !!!! Ça mest jamais arrivé. Mais je dirais Dischord pour être cohérent avec ma réponse précédente.
GPS : Ça vous irriterait que lon vous étiquette « emo » et que vous soyez assimilés à cette scène un peu en vogue ?
Gravity Slaves : Cela ne nous irrite pas non. On est conscient de faire une musique emotive, cela dit pour nous toute musique est emo. Donc oui nous sommes emo, car nous continuons à faire de la musique qui entreprend de toucher les gens. Après tout le délire coupe de cheveux "pti minet", fûtes et T-shirt moule-couille, Converse Allstar, très peu pour nous. On laisse ça à Elevate Newton’s Theory. Nous ne sommes pas dans un délire de starification. On reste honnête avec nous-mêmes et avec notre musique.
GPS : Connaissez vous un peu la scène suisse ? Des groupes que vous aimez ?
Gravity Slaves : Oui on connaît un peu la scène suisse. Jaime beaucoup Houston Swing Engine, Shovel, Impure Wilhemina. Les groupes de là-bas sont vraiment couillus. Jai aussi beaucoup aimé les prods qui sortaient des chez Weber des Forces Motrices, des trucs comme Virago, Portobello Bones etc
GPS : Quelle est ta position sur le téléchargement sur internet et la copie ? Plutôt bénéfique pour que les groupes de votre calibre puissent se faire connaître ou bien réel problème pour les ventes de disques etc. ?
Gravity Slaves : Et bien nous à notre niveau, cest bénéfique. Tu sais on ne sattend pas à faire 15000 ventes sur Come Down. Notre but cest de faire de plus en plus de scène, cest ce qui nous mets en transe, ce qui nous fait vibrer. Je préfère que les mecs téléchargent mon son et viennent à mon concert. Le téléchargement ne nous fait pas de mal, cela nous permet de diffuser notre son plus facilement. Le seul truc qui membète avec le téléchargement, cest que les kids y vont comme des bourrins, téléchargent à donf et ne prennent pas le temps découter vraiment le son. Cest le coté société de consommation façon zapping culturel qui me dérange.
GPS : Quespérez vous franchir comme nouvelle étape avec ce nouvel album, en termes de concerts, de ventes, de collaborations, etc.
Gravity Slaves : A vrai dire on espère bien trouver plus de dates sur des scène de musiques actuelles, les SMAC comme la Vapeur à Dijon, le Grand Mix à Tourcoing, le Confort Moderne à Poitiers et toutes les autres. En terme de ventes, on ne sest pas fixé dobjectif, on verra comment ça se passe. En fait on est déjà en train de composer le prochain album, on vend Come Down comme on peut en gardant la gnack. Pour les collaborations, ça sest toujours fait naturellement, on a beaucoup parlé de faire quelque chose avec les zikos de Poney Club et puis dautres aussi
Bref tout se passera au fil du temps, nous ne sommes pas de grands calculateurs.
GPS : Même vu de la Suisse qui nest pas non plus la Suède ou les Etats-Unis en terme de rock, la France a lair dêtre un pays pas facile quand on veut faire du rock n roll
Tu as une explication ?
Gravity Slaves : Je ne sais pas trop, le rock marche bien en France en ce moment, comme un peu partout dans le monde. Cela dit il est de plus en plus difficile de jouer. Les petits lieux de diffusion comme les café-concerts ferment un à un. Les licences pour acceuillir des groupes sont de plus en plus difficiles à obtenir à cause des legislations anti-bruit qui sévissent en France. En plus de cela les majors ne signent plus de groupes de rock français qui chantent dans la langue de shakespeare. Il ny a que les labels indé qui prennent ce risque. Et comme ils sont de plus en plus sollicités, cest la galère pour beaucoup de petits groupes. Nous sommes bien contents quOlivier de The Age Of Venus nous ait fait confiance, il est vraiment motivé par le groupe, et jen profite pour le remercier une nouvelle fois.
GPS : On ne sait jamais trop comment terminer une interview, donc je me défile et te laisse le mot de la fin !
Gravity Slaves : Fuck you and fuck the police, man !!!
