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Gravity Slaves

Pressbook - Interviews
posté dans : Non classé

INTERVIEW SUR LE WEBZINE GENEVA PUNK SKA


Interview avec Ben, guitariste du groupe orléanais Gravity Slaves, réalisée à l’occasion de le sortie du nouvel album Come Down sur le label The Age of Venus Records (decembre 2004). Un grand merci à lui…

GenevaPunkSka : Peux-tu nous faire une petite présentation du groupe, pour ceux qui ne vous connaissent pas ?
Gravity Slaves : Et bien nous sommes les Gravity Slaves, nous venons d’Orléans la chaude. Le groupe existe depuis 1995, soit bientôt 10 ans. Au début c’était un petit groupe de jeunes lycéens et puis c’est devenu de plus en plus sérieux. En 10 ans, on a fait pas mal de chemin, on a fait beaucoup de concerts (avec entre autres : Burning Heads Portobello Bones, Unlogistic, Keneda, Flying Donuts, Lofofora, Human Alert, Houston Swing Engine, Seven Hate…). On a sorti un maxi en 2000. Puis on a sorti Choice en 2002. Notre premier album distribué nationalement est sorti au mois de novembre 2004 chez The Age Of Venus Records.


GPS : Votre nouvel album, Come Down vient de sortir sur The Age of Venus Records. Finalement votre style ne paraît pas si différent aujourd’hui qu’à votre première démo, mais la progression est impressionnante. Quel regard portes-tu aujourd’hui sur le premier album Choice et la démo qui l’a précédé ?

Gravity Slaves :
Choice n’était pas vraiment notre premier album. A la base on l’a enregistré pour démarcher les labels. C’est un disque qui a été enregistré en 2 jours dans notre local de répèt. En fait, tout le monde nous en a dit du bien alors on a gravé des disques et on a fait une pochette DIY à l’ancienne. Je pense que Choice est très spontané comme disque. Il a été enregistré en live, donc il a la patate. Cela dit, le son est quand même un peu léger, c’est pour cela qu’on a préféré ne pas le presser. On a écoulé tous les exemplaires du disque. Il devrait d’ailleurs être dispo dans peu de temps en mp3. En ce qui concerne le maxi que l’on a sorti en 2000, je dirais que c’est un disque encore très punk. On s’est un peu éloigné du punkrock basique en fait. On compose beaucoup plus en se focalisant sur les ambiances, les atmosphères, les sources d’humeur. En quelque sorte, on essaie d’organiser notre défouloire de mettre en place une cohérence dans les morceaux.


GPS : Gravity Slaves est né il y a déjà longtemps et vous avez relativement peu de titres disponibles, d’autant que quelques titres de Come Down étaient déjà sur Choice dans une autre version. Quelle est votre méthode et votre rythme de composition ?

Gravity Slaves : En fait, on compose au feeling. On n’a pas vraiment de méthode de composition. On apporte des bouts de morceaux, des riffs et puis on voit ce que l’on en fait après. C’est assez fusionnel comme manière de composer. Chacun amène sa touche, sa vision du morceau. Pour Come Down, on a décidé de reprendre des titres de Choice car ce sont des morceaux qui fonctionnent très bien sur scène et on avait envie qu’ils soient disponibles sur disque. Je le répète Choice est un produit de démarchage. Relativement peu de personne ont un exemplaire chez eux. Ce disque nous a servi pour la promo et le démarchage. Il n’est plus disponible et ne le sera plus en dehors des mp3 . Après, peu de titres sont disponibles car nous n’avons jamais voulu enregistrer dans des studios qui nous coûteraient les yeux de la tête pour faire un disque de merde, immature et trop ambitieux. Beaucoup de groupes l’ont fait, ils ont perdu du temps, de l’argent et de la crédibilité. Nous avons notre expérience via la scène, nous avons attendu de vraiment gérer la scène pour se lancer dans un album un temps soit peu produit.


GPS : C’est Samprass de Burning Heads qui a co-enregistré et co-produit votre album. Vous collaborez beaucoup avec les Burning ?

Gravity Slaves : "Collaborer avec Burning Heads", je trouve la tournure de phrase un peu trop académique en fait. En effet, on a pas mal joué avec les Burning, ils aiment notre musique et notre démarche. C’est la même pour nous. En fait, ils nous connaissent quasiment depuis le début. Ils ont vu le groupe évoluer. Samprass s’est proposé pour faire le producteur-artistique sur Come Down, il est très motivé par tout ce que l’on fait, il nous donne son avis, nous guide dans certains choix. Les Burning nous transmettent leurs expériences, leur vécu. On a des rapports très humains avec eux. Guillaume, (bassiste), les suit actuellement en tant que roadie pour leur tournée européenne, Nicolas (guitare) a fait du didgeridoo et du saxophone sur l’album Opposite. Bref, c’est un rapport d’échange qui est très appréciable. En même temps, je suis obligé d’ajouter que l’album n’aurait pas vu le jour sans P.E. de Near Death Experience qui était derrière la console pendant tout l’enregistrement. C’est un ingé-son très talentueux qui a enregistré Burning Heads, Poney Club, Collection D’Arnell Andréa, NDE et bien d’autres. Bref, big up à lui et au Studio Nyima.


GPS : Quelles sont vos influences majeures communes en tant que groupes ? Et quels sont tes disques favoris ?

Gravity Slaves : Pour les influences communes je dirais : Sleeppers, Portobello Bones, Burning Heads, At The Drive In, Fugazi, Tool, RATM, Standstill, Refused. Pour ce qui est de mes disques favoris je dirais : The Argument et Repeater de Fugazi, Hot Damn de Every Time I Die, Dedication de Raised Fist, The Shape of Punk to Come de Refused, End Transmission de Snapcase, Fear of a Black Planet de Public Enemy, Evil Empire de Rage Against The Machine, Cut Off de Sleeppers, Check Your People de Downset, Hard to Earn de Gangstarr et plein d’autres que j’oublie.

GPS : Vous jouez beaucoup en France (environ 300 dates à ce jour ?), n’est-ce pas assez difficile de trouver des structures pour des concerts en France pour des groupes comme le vôtre ?

Gravity Slaves : Si, c’est difficile de nos jours, parce qu’il y a de moins en moins de lieux prêts à accueillir des groupes qui font du gros son. Cela dit, on a un réseau de contact qui nous permet de trouver des dates cool. Quand untel ne fait plus de concert, il a toujours moyen de t’aiguiller sur une autre personne susceptible de te faire jouer. Come Down arrive donc pile-poil pour démarcher des plus grosses structures qui pourraient nous proposer des premières parties.


GPS : Avez-vous déjà joué à l’étranger ? Si non c’est pour quand ?

Gravity Slaves : Nous n’avons pas encore joué à l’étranger. En fait c’est encore plus chaud financièrement que de jouer en France. Cela nous botterait bien de la faire. Mais à vrai dire pour l’instant on est plus sur nos dates en France. Donc je n’ai aucune idée de quand nous jouerons à l’étranger.


GPS : Des coups de cœur en matière de disques ou de groupes sur scènes cette année ou bien vous êtes plutôt du genre à écouter des choses moins récentes ?

Gravity Slaves : Oui en coup de cœur, il y a Poney Club un groupe de post-rock qui sort son album Guity Winds Exist en février 2005. Le disque est très bon. On prend aussi notre claque avec le nouveau John Frusciante. Perso, j’aime le nouvel album de La Rumeur, il fout une bonne grosse baffe à tout les babyloniens du hiphop français. Sinon on aime bien TV On the Radio. Il y a Standstill et Every Time I Die aussi qui nous ont bien scotchés. On attend aussi le prochain Mars Volta avec impatience. Des groupes comme Botch me plaisent beaucoup en ce moment.


GPS : À quoi ressemble votre public ? les publics hardcore ou punk mélo se retrouvent-ils dans votre musique ou vous adressez vous plutôt aux amateurs de post-rock, emo etc ?

Gravity Slaves : Je n’ai aucune espèce d’idée d’à quoi ressemble notre public. A vrai dire quand on joue avec des groupe hardcore ou metal, il y a plus de punks et de mecs qui se foutent sur la gueule quand tu envois le bouzin. Sinon y’a aussi un public beaucoup plus calme et posé. Mais je crois que notre musique scotche de plus en plus les gens. Des fois, on stresse, on se dit "merde le public était mou ce soir" et en fin de compte c’est quand le public bouge le moins que les gens viennent le plus nous voir à la fin des concerts pour nous dire qu’ils ont pris une baffe. Mais je ne pense pas qu’on ait un public uniforme. C’est un public assez varié.


GPS : Si vous pouviez jouer avec un groupe, n’importe lequel, quel serait votre choix ?

Gravity Slaves : Je ne sais pas ce qu’en pense les autres mais pour moi ce serait Fugazi…


GPS : Et si vous pouviez signer sur un le label de votre choix, y en a-t-il un dont vous rêvez la nuit ?

Gravity Slaves : Réver d’une signature !!!! Ça m’est jamais arrivé. Mais je dirais Dischord pour être cohérent avec ma réponse précédente.


GPS : Ça vous irriterait que l’on vous étiquette « emo » et que vous soyez assimilés à cette scène un peu en vogue ?

Gravity Slaves : Cela ne nous irrite pas non. On est conscient de faire une musique emotive, cela dit pour nous toute musique est emo. Donc oui nous sommes emo, car nous continuons à faire de la musique qui entreprend de toucher les gens. Après tout le délire coupe de cheveux "pti minet", fûtes et T-shirt moule-couille, Converse Allstar, très peu pour nous. On laisse ça à Elevate Newton’s Theory. Nous ne sommes pas dans un délire de starification. On reste honnête avec nous-mêmes et avec notre musique.


GPS : Connaissez vous un peu la scène suisse ? Des groupes que vous aimez ?

Gravity Slaves : Oui on connaît un peu la scène suisse. J’aime beaucoup Houston Swing Engine, Shovel, Impure Wilhemina. Les groupes de là-bas sont vraiment couillus. J’ai aussi beaucoup aimé les prods qui sortaient des chez Weber des Forces Motrices, des trucs comme Virago, Portobello Bones etc…


GPS : Quelle est ta position sur le téléchargement sur internet et la copie ? Plutôt bénéfique pour que les groupes de votre calibre puissent se faire connaître ou bien réel problème pour les ventes de disques etc. ?

Gravity Slaves : Et bien nous à notre niveau, c’est bénéfique. Tu sais on ne s’attend pas à faire 15000 ventes sur Come Down. Notre but c’est de faire de plus en plus de scène, c’est ce qui nous mets en transe, ce qui nous fait vibrer. Je préfère que les mecs téléchargent mon son et viennent à mon concert. Le téléchargement ne nous fait pas de mal, cela nous permet de diffuser notre son plus facilement. Le seul truc qui m’embète avec le téléchargement, c’est que les kids y vont comme des bourrins, téléchargent à donf et ne prennent pas le temps d’écouter vraiment le son. C’est le coté société de consommation façon zapping culturel qui me dérange.


GPS : Qu’espérez vous franchir comme nouvelle étape avec ce nouvel album, en termes de concerts, de ventes, de collaborations, etc.

Gravity Slaves : A vrai dire on espère bien trouver plus de dates sur des scène de musiques actuelles, les SMAC comme la Vapeur à Dijon, le Grand Mix à Tourcoing, le Confort Moderne à Poitiers et toutes les autres. En terme de ventes, on ne s’est pas fixé d’objectif, on verra comment ça se passe. En fait on est déjà en train de composer le prochain album, on vend Come Down comme on peut en gardant la gnack. Pour les collaborations, ça s’est toujours fait naturellement, on a beaucoup parlé de faire quelque chose avec les zikos de Poney Club et puis d’autres aussi… Bref tout se passera au fil du temps, nous ne sommes pas de grands calculateurs.


GPS : Même vu de la Suisse qui n’est pas non plus la Suède ou les Etats-Unis en terme de rock, la France a l’air d’être un pays pas facile quand on veut faire du rock n ‘roll…Tu as une explication ?

Gravity Slaves : Je ne sais pas trop, le rock marche bien en France en ce moment, comme un peu partout dans le monde. Cela dit il est de plus en plus difficile de jouer. Les petits lieux de diffusion comme les café-concerts ferment un à un. Les licences pour acceuillir des groupes sont de plus en plus difficiles à obtenir à cause des legislations anti-bruit qui sévissent en France. En plus de cela les majors ne signent plus de groupes de rock français qui chantent dans la langue de shakespeare. Il n’y a que les labels indé qui prennent ce risque. Et comme ils sont de plus en plus sollicités, c’est la galère pour beaucoup de petits groupes. Nous sommes bien contents qu’Olivier de The Age Of Venus nous ait fait confiance, il est vraiment motivé par le groupe, et j’en profite pour le remercier une nouvelle fois.

GPS : On ne sait jamais trop comment terminer une interview, donc je me défile et te laisse le mot de la fin !

Gravity Slaves : Fuck you and fuck the police, man !!!

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