Cette phrase résume étonnamment bien ce début de semaine. Hommage à la bande des Keneda d’Orléans, période 1992-1996, qui utilisait cette expression à tout bout de champ, des fois sans qu’on comprenne vraiment ce que ça foutait là. “chui physique, là ce soir” ou “ah c’était physique ce concert, chanmé”. Nostalgie. Donc oui, physique… Après un week end calme, forcément ça dérape. Lundi, j’arrive tôt au boulot, c’est pas la transe, aussi je décide de faire mon job dans mon coin, sans ennuyer personne. Un bon repas le midi me met du baume au coeur et l’après midi, au fil d’une discussion avec cédric sur le net, on convient d’un apero chez moi. J’appelle Seb pour l’inviter, puis Nico. Je passe faire quelques courses pour égayer l’apero, et pour que nos estomacs ne soient pas remplis que de liquides. Tout le monde arrive, je rebranche mon magneto pour l’occasion et on passe la soirée à écouter des vieilles k7 : des démos de groupes obscurs orléanais ou tourangeaux mais aussi Diabologum, Morphine, les Young Marble Giants, Chris Knox, Les Thugs, Ride etc… A propos de Ride, je fais écouter mon dernier morceau achevé, et Cédric ne peut contenir un sourire joyeux. Je crois que j’ai réussi mon hommage à la noisy pop 90’s. Il sait déjà qu’il est invité à venir faire les choeurs sur l’album. Cache ta joie, hey ! Quelques bouteilles plus tard, on prend quelques photos (de Diane et Nico, notamment et que vous pouvez voir sur le blog de Trashpop). Dernier métro, tout le monde file. Je classe le reste de la soirée en “secret défense”. Mardi matin je m’éveille “tôt” et suis à 9h au boulot. Je suis nase, j’ai mal à la tête. Je règle pas mal de trucs le matin, plutôt content, un peu moins l’après midi car je me prends la tête sur un tableau excel que je dois rendre le soir même et où un bon nombre de cases sont encore vides…Je laisse tout en plan, 16h30, départ pour le kiné. Une séance qu’on peut qualifier de mémorable sur l’échelle de la douleur. Larmes, draps trempés de sueur et des points dans les yeux en sortant de la clinique, annonciateurs des prémisces d’un évanouissement. Je respire et j’allume une clope, ça passe. Je fais un saut de puce chez moi pour manger, écouter quelques morceaux envoyés par l’ami cédric, changer de blouson car j’ai trop froid et je rejoins la ligne 6 pour retrouver Alice au Mk2 Bibliothèque. On boit un verre au bar cafeteria super mega top lounge du cinéma, et on arrive en retard pour le film…Je peine donc les 5 à 10 premières minutes pour entrer dans l’histoire mais je pense qu’il en est de même pour tous ceux qui sont arrivés à l’heure. Et puis, c’est pas si grave, les acteurs et l’image me captivent d’emblée. Le film, lui, est grave et “21 grammes” est son nom. 2h04. J’avoue avoir eu l’impression qu’il dure bien moins longtemps. Happé par l’écran, l’histoire est incroyable, presque à coucher dehors, mais le montage la rend évidente, on y est, on y croit, on est en face de la vérité, servie brute et crue, mais pas sur un plateau. Sean Penn, Benicio Del Toro, Naomi Watts y sont parfaits et difficiles à départager. Je ne cherche donc même pas à le faire. Des tonnes d’émotion, des larmes que le metteur en scène nous fait ravaler fissa, frustré mais comblé, le générique défile et un garçon quitte la salle en disant à sa compagne “c’était physique”. Oui, je pense qu’en fait il n’y a pas mieux pour décrire ce film (en même temps, ça ne vous dit pas grand chose, mais foncez le voir, sincèrement). On quitte la salle pour prendre un des derniers métros. Chacun d’un côté du quai, Alice lit Libé, je sors le mien et on échange des infos sur les pages du journal. La photo de Bernadette Chirac, visitant une exploitation agricole en corrèze, en bottes mais munie de son inévitable sac à mains Chanel est incroyable. On rit, à quelques mètres de distance, tandis qu’un homme passablement aviné tente de faire du Queneau dans mon dos. Alice trouve un métro la première. Retour maison. Blogue. System: off.