J’ai voulu inviter Noémie, une amie photographe, pour qu’elle nous parle un peu de la tournée en cours des Burning Heads avec Alif Sound System, mais aussi des Gravity Slaves…
Un grand Merci à Noémie pour ce texte et pour les photos (qui lui appartiennent !)…
Plus d’infos et de photos ici http://www.noemieventura.com/blog/archives/000215.html
« Dans Ta Face © »
Orléans, Mercredi 16 juin. Cest lanniversaire de mon père. Mais je ny serais pas. Motif: BHASS Project. Les Burning Heads (punk rock orléanais), Alif Sound System (electro break core toulousain) et le BHASS Project (leur projet commun, Burning + Alif). Mais là il ne sagit pas du plateau habituel qui tourne depuis plusieurs mois, puisquil y a exceptionnellement les Gravity Slaves (Emo core orléanaise) en première partie sur deux dates (Paris, Nouveau Casino le 16 juin, Astrolabe dOrléans le 17). Cest donc une mini tournée très exceptionnelle, jespère que papa comprendra.
Départ pour Paris en début daprès-midi donc. Les Burning Heads se sont fixés rendez vous chez Samprass, et hop, tous dans le camion. Autoroute. Orléans/Paris. Traversée de la beauce. Jusque ici tout va bien. LIveco német aucun bruit inquiétant, à part un petit bruit de roulement peut-être, mais « rien de grave », selon Thomas.
Paris. Des couloirs de bus, des bagnoles partout. Des gens aussi, et des t-shirts de Marylin Manson. Ménilmontant. Oberkampf. Le Nouveau Casino.
Les Alif nous suivent de près en caisse. Les Gravity arrivent juste derrière. Déchargement du camion. Installation, sound checks… 3, 4.
Thomas nous présente la collection été 2004 du merchandising des Burning Heads (ceux qui ont déjà vu les Burning en concert savent le merchandising des Burning, cest mythique.) sobre mais efficace. On bave tous.
Séance photo, avec les Burning Heads
allez, on motive les troupes. Il y a des figures imposées, il ne faut pas que ça prenne plus de 5 minutes et il faut que ce soit tout près de la salle. On va donc dans cette cour dimmeuble avec les vieilles façades et les vitres cassées. Allez go: Photo de groupe, puis un par un
le plus bref shooting que je nai jamais fait (603 minutes).
Retour dans la salle qui se remplie. Des orléanais exilés à paris, des parisiens en quête de sincérité dans le wocknd woll
Les Gravity Slaves commencent. 3,4. Un set énorme. Ils donnent tout ce quils ont, le jettent par terre, le piétinnent, le tordent dans tous les sens devant un public scotché par autant dénergie, démotion et de tension. Un chaos Magistral. Très beau set. On est tous ébahis. Les burning, le public, moi
Ils sortent de scéne tout fébriles. «cétait mortel ! » - «ah ouais ? je sais pas, franchement je sais pas
je me rend pas compte
» les yeux perdus dans le vide, lair hagard. « ah ouais ? tu penses que ça la fait ? » si je pense que ça la fait
voyons voir
si jétais à lécole des fans je me bricolerais une pancarte 9 3/4, histoire déviter quils deviennent cons.
Ils ont placé la barre très haut en commençant comme ça.
Les Burning Heads montent sur scéne. Ils rappellent que ce sont eux les instigateurs de tout ça. De cette soirée, de ce plateau parfait, du hard core orléanais. Un concert des Burning Heads, cest toujours un grand moment. Une communion, des retrouvailles cest même rare de voir une telle connection, une telle complicité entre un groupe et son public. Car cest bien leur public qui est là. Des sourires illuminent les visages, hurlant les titres des morceaux quils aimeraient les entendre jouer, au cas où il sagirait dune soirée karaoké. Impassibles, les Burning se déchaînent. On edge. A la limite de la scène, le plus près possible des gens. Direct. Les yeux dans les yeux. Pas question de tricher. JB caresse les têtes du premier rang avec le bout du manche de sa basse.
Les Alif Sound System les rejoignent sur scène. Ils enchainent le BHASS Project sans faire de break. Jungle hard core. ce qui est fort cest que visiblement le changement (progressif) de style ne surprend personne. Le public change juste sa façon de bouger: sur le BHASS project, on slam moins, mais on sautille on ondule. De façon moins démonstrative que sur du hard core, certes, mais cest plus introspectif. Le public sourit, crie malgré le changement de style, la connection est toujours bien là. Le BHASS Project, cest donc les Burning Heads (2 guitares, basse, batterie) et les Alif Sound System (un mec aux machines, un dj et un chanteur). Lénergie des Burning, et la colère dAlif Sound System. Si ça devait être une couleur, ce serait le rouge…un objet, un arc… ou en tout cas un truc qui se tend, qui prend de lélan, de la puissance et qui décolle emmenant tout sur son passage.

BHASS (alif et sampras)
La scéne devient un véritable ring… et le face à face Alif/ Burning heads à bel et bien lieu, mais un combat pour la même cause. Cest ça le lien entre le set des Burning et le BHASS Project… la cause du hard core. Que ce soit dans le punk rock ou lélectro, la colére est intacte. Ils se répartissent la scénes, les corps se bousculent… JB redouble de violence sur sa basse, Abdé, le chanteur dAlif est aussi vénére que Samprass (chant/ guitare BH).

Alif
Suit le set dAlif Sound System seuls. On les devines, à travers lépaisse fumée blanche qui a envahie la scéne. On aperçoit Abdé, le chanteur dAlif, qui en ressort de temps en temps (le lighteux sest rappelé quil avait des fumigénes ?). Un dj, un mec aux machines et Abdé qui tchatche sans relâche. Létat durgence dans le flow dAbdé, le côté sans fioriture et directe de leur musique. Des basses et des beats aux contours nets, violents et incisifs.
En tout, 3 heures de live non stop. Sans la moindre pause. Avant que les Alif et les burning ne se succédent aux platines. Mikis fait ainsi danser les survivants. Ce soir là, les Burning Heads ont une fois de plus prouvés que lon pouvait organiser un concert mortel dans une salle parisienne, en fixant le prix du billet à 10. Un exemple que bien des salles devraient suivre.
Retour sur Orléans dans la nuit. Rendez vous le lendemain à 14h30 à lastrolabe. Même casting, mais à Orléans. Le bercail. Déchargement, installation, balances, 3,4.

gravity slaves
Les Gravity Slaves et les Burning Heads jouent à domicile, et ça se sent. Cette complicité avec le public, la famille, les potes… Les Gravity déclenchent des hurlements de fans, qui se déchaînent trés rapidement. Dés le second morceau de leur set, le pit (= le dance floor) est en feu. Moi qui essaie de faire mes photos depuis le bas de la scène, je dois vite me rendre à lévidence: ce nest pas un lieu pour les filles avec appareil photo. Je remonte sur scène donc. Lors des balances, Julien (chant) essayait déconomiser sa voix au maximum. Il semblait peiner un peu tellemement il avait tout donné la veille, au Nouveau Casino. Mais sur scène, on ny voit que du feu. Sa voix est normalement sur la brêche quand il crie lintro de satanas : « give me time give me money, give me time give me a pain ». Ils enchaînent tout leur set dune seule traite, Come Down, Choice, Golden, Doubt ne laissant que très peu de répis au public assoifé. Après la déferlante de Satanas, ils terminent avec une petite douche rafraîchissante de pop printanière, une reprise des Six Pack.


Les Burning eux, ont à peine besoin de parler. Le public depuis ceux qui ont connus les débuts (et même les avants) des Burning Heads, jusquaux kids daujourdhui - tous savent exactement de quoi il sagit. De pur bonheur, damour et dun peu de plage aussi, quand ils envoient des bouées, des brassards et des matelas gonflables aux kids de devant, pour quils puissent slamer sans se noyer. Les Burning les aiment ces kids. Ça se voit. Et eux nen finissent plus de les remercier et de les regarder, émerveillés.
Les Burning sont la preuve vivante que lon peut être des punks toute sa vie, sans tomber dans la rock star attitude. Que lon peut rester fidèle à soi-même malgré le temps qui passe. Les kids se relaient sur scène pendant tout le concert. Pour slamer, ou juste pour être là. Faire un peu parti du groupe le temps dun morceau. Tout le monde chante en chur: « fuck you, fuck you, fuck you Orléans », « super modern world», « Bush à Bush », « push me », leur mythique reprise de « No Way » des Adolescents, et une rareté, lors des rappels, avec une invité très spéciale: « lOccident », reprise des canadiens Les Vulgaires Machins, avec qui ils ont sortis un split en 2003 (cross the bridge EP). Les Alif les rejoignent pour le BHASS Project. Tout le monde est déjà tellement emmené que quoi quils fassent maintenant les gens seront avec eux. Et malgré lénormité du set quils viennent de nous livrer, ils repartent pour un tour, avec Alif, et la même efficacité.
Enorme.
Toutes les dates de la tournée BHASS Project, Never Trust a Punk, plus tout sur les Burning Heads sur: www.burningheads.com
- BHASS Project, Burning Heads/ Alif Sound System, never trust a punk, Yelen
- Gravity Slaves, Come Down sortie prevue en septembre 2004, Age of Venus. cf leur site: www.gravityslaves.com )
- Alif Sound System, leur album, leurs dates sur leur site: www.alifsoundsystem.net )





