Marathon
posté dans : pumuckl écoute
gentiment par un concert de Tool au zenith à Paris et sest poursuivi par trois
jours aux Eurockéennes de Belfort Loccasion de voir et revoir presque tous mes
maîtres (Dominique A, sigur ros, Depeche mode et Tool), des groupes chouchous
(mogwai, nonstop, Deftones), des légendes( Morrissey) des buzz (Daft punk,
Strokes, Art brut, Dyonisos, Katerine) Compte rendu non exhaustif.
Commencons par le commencement : Tool au zenith. Cest
la première fois que je les voyais Jen attendais beaucoup et je nétais pas le
seul car jai rarement vu une telle tension dans une salle avant le début dun
show. Je résumerais mon impression paradoxalement ainsi : énorme sans
plus. Enorme car Tool est définitivement un des groupes les plus passionnant en
activité, à la fois efficace et virtuose, direct et (mais) technique. A ceux
qui en douteraient, les morceaux, mêmes les plus inhumains dans leur structure
rythmique, ne sont pas synchronisés sur des samples : Tool est un groupe
de rock qui fait du vélo sans pédale même quand le vélo est tout déséquilibré
Les 4 américains sont individuellement et collectivement des techniciens inouïs.
Incontestablement énorme donc, mais sans plus. Sans ce petit plus qui transforme
un show impeccable en show inoubliable. Les Tool navaient pas lair motivés,
impliqués Routiniers ? Drôle dimpression de voir Adam Jones(guitariste)
enchaîner des plans tous plus improbables les uns que les autres, le nez en
lair à regarder le plafond ou a contempler les projections dont il est
lui-même lauteur Une ambiance étrange bien illustrée par ce moment décalé où,
plutôt que de quitter la scène et dattendre le rappel, les Tool sarrêtent de
jouer 5 minutes pour se désalterer et
papoter entre eux sur la scène avant de relancer un Vicarious gigantesque Ce
nest donc pas avec ce concert que Tool détrônera sigur Ros au sommet de mon palmarès
des meilleures performances live
Dailleurs,en
parlant de Sigur Ros, commençons par eux pour parler des Eurocks. Selon moi, et
malgré des conditions sonores pas forcément adaptées, les Sigur Ros ont signé
le plus gros concert de ces eurockéennes. Ils ont dailleurs reçu une ovation
quaucun groupe na reçu durant ce festival, ce qui me fait dire que je ne suis
pas tout à fait seul à partager cet avis Pas de blabla, je ne vais pas me
débattre avec les mots pour dire à quel point sigur ros est un phénomène
scénique. Le seul groupe que je peux voir trois fois en moins dun an !!!
(Allez les zomis, viendez avec moi à lOlympia jeudi soir, il reste encore des
places…).
A coté de
Sigur Ros, deux performances mont épaté plus que les autres : celles de
Mogwai et de Morrissey. Je nattendais pas avec une fébrilité délirante ces
deux «références» mais il faut bien admettre que le papy Morrissey
et les grognons Mogwai méritent leur statut Impeccables et intègres, chacun
dans leur domaine, ils font ce quon attends deux, sans fioritures Pas de surprise, juste un
engagement mêlé à une perfection dans lexécution. Dommage que le public
eurockéen ait accueilli aussi froidement le chanteur des Smiths qui na pas
manqué dironiser durant le concert sur son absence de popularité dans le pays
de Voltaire ( qui est aussi le pays dAnais on va y revenir ) Dommage aussi (et cela relativise un peu l’engouement) que mogwai succombe parfois au meublage avec des fausses compos a l’image du morceau de cloture….
Il ne faut jamais
craché dans la soupe car parfois, quand on vise mal, ça tombe dans son yop.
Voici une parole hautement philosophique par laquelle je me repens davoir
violemment vilipendé deux groupes qui mont vraiment fait passé un bon
moment : Dyonisos et Daft Punk. On peut dire que ces groupes ne
mintéressaient pas énormément a priori. Mais lun comme lautre mont
gentiment corrigé Dyonisos présentait une interprétation des chansons de leur
dernier album accompagné dun orchestre/ chur de 60 musiciens Bien que les
chansons (depuis western sous la neige)
ne me parlent pas vraiment, je dois reconnaître que la réputation de dyonisos est
justifiée : cest un groupe de scène fabuleux. Quant à daft punk, si les disques du duo au
mieux mamusent au pire memmerdent, leur prestation scénique dans sa
grandiloquence visuelle et sonore est le remède essentiel à la fatigue du
festivalier à 3 heures du matin Un mix assez cohérent et construit pour
permettre de danser mais assez imprévisible pour surprendre. Léquilibre entre
cohérence et surprise est délicat et les daft punk le maîtrisent
Je
passerai assez rapidement sur lessentiel des autres concerts qui offrent ce
quon attends dun concert en festival : un show, une ambiance, un son
approximatif, Bien sur, cest Depeche Mode que jétais le plus ravi de voir sur
scène. Gahan est le showman par excellence Alors quand il joue devant public
qui apprend que léquipe de France a battu le Brésil, cest délirant Le mieux,
cest sans doute ses petits « yeah » hurlé a tout bout de champs cest
la seule chose qui na pas changé depuis 15 ans (écoutez le live 101, vous
comprendrez ) . Dominique A sest fendu, comme il le dit lui-même, dun
exercice de «tatapoum » assez jovial qui rompt avec son
protestantisme habituel un concert léger a destination du public qui ne le
connaissait pas ou pas trop, sans doute. Enfin dans le rayon réminiscence adolescente, les
Deftones tiennent toujours la baraque dès quil sagit de jouer hardcore
(Swords) Par contre, lorsqu’il faut jouer dans un registre plus power pop
époque white pony, les américains sont moins pertinents Chino Moreno a gagné
en charge pondérale ce quil a perdu en capacité vocale, dommage
Enfin,
conclusion en forme de défouloire. Je reste assez compatissant à légard de
lautoflagellation du public qui, semble t-il, apprécie par moment se faire
mépriser avec forme et cordialité Katerine est drôle Il chante mal mais vous
comprenez « cest fait exprès ». Il fait crier à trois reprises à
10000 personnes « on est des imbéciles » mais vous comprenez,
« cest du quatrième degré » Il adore regarder danser « les
gens », et surtout les « chômeurs », admet-il en désignant du
doigt son public Katerine est un terroriste, il la toujours été et cest pour
ça que je ladorais. Il méprise le marché, le vulgaire, le facile comme peuvent
le faire beaucoup dartistes que japprécie… Mais cest un terroriste qui
désormais sattaque aux civils Katerine, cest un peu un Arnaud Michniak
(programme) qui substitue le mépris dautrui à la haine de soi, et le second
degré au souci de la précision et de lexhaustivité Le mépris dautrui et le
second degré sont lennemi de la musique A moins peut être que je sois
totalement dépourvu dhumour Anaïs quant à elle est la musique ce que Ségolène
est à la politique : grosso modo, le vide, le buzz insensé. Jamais je nai vu plus
consternant de nullité. Cest la première fois que je dis ça dans ces pages
mais, cette fois-ci, il ny a pas de compassion qui tienne. Anais est le
symbole du mépris général de certaines maisons de disques pour lauditeur/
consommateur. Techniquement, cest nullissime : la demoiselle utilise un
sampleur-loopstation et est incapable de caler correctement une seule boucle.
Devant plus de 10 000 personnes, elle commence un morceau puis sarrète
parce quelle sest ratée !!! je passe sur la justesse du
chant Musicalement, cest inconséquent. Les chansons nont ni queue ni
tête elles sont dailleurs si peu nombreuses que la demoiselle est obligée de
combler au moins un tiers des 40 minutes de show (le plus court ) par des blagues et autre
patati patatata Pathétique.
Allez, oublions ça, sigur ros, c’est jeudi, à nouveau…
