Campement sur position ou syndrome jeune con
posté dans : pumuckl écoute
Ne pas dire des mots damour et des « cest pour la
vie » au bout de 48 heures, voila un précepte assez raisonnable. Seulement
voilà, il y a des fois ou on se fait attraper. Alors, voila Takk de Sigur Ros,
sorti lundi, est LA tuerie. Jai essayé
de décrire pourquoi mais il ny a pas dexplication à lévidence. Pour
sappuyer uniquement sur des critères objectifs, Takk est un album
artistiquement et techniquement ambitieux pour plusieurs raisons. En gardant
tous les éléments qui lui sont propres, le groupe sigur ros a su évoluer et se
radicaliser a bien des égards. Dabord la voix est bien plus sous-mixé quà
lhabitude ce qui lui confère un rôle dinstrument parmi dautres et confirme
la volonté de faire un disque purement musical, sensoriel et sans message.
Ensuite, les morceaux sont globalement plus courts et plus rapides sans
pour autant comporter moins d « événements » : les
morceaux de Takk « sannoncent » moins, sont moins flottants et
jouent plus sur la surprise brusque. Latmosphère moins vaporeuse est aussi
soutenue par lomniprésence des claviers et xylophones en tout genre : En
construisant les morceaux autour dinstruments avec une attaque très
percussive, les islandais redéfinissent radicalement le rôle des nappes de
guitares et de cordes. Enfin et surtout, takk rend bien mieux que () le son
live. Lalbum est encore largement moins impressionnant que les prestations
scéniques mais il offre certains passages inouïs. Le quatuor à cordes est mixé
avec peu de reverb et dispose dun son plus naturel, plus chaleureux, plus
boisé je dirais. Et surtout, sigur ros parvient à faire ce que mogwai, godspeed
et compagnie nont jamais réussi sur disque (même avec Steeve Albini), des passages dune
violence absolue, un vrai mur de bruit dans lequel chaque son et chaque
harmonie est clairement audible et défini. La fin du titre Glosoli est tout
bonnement inouïe au sens étymologique de jamais entendu. Mon propos est
technique pour éviter le pathos dégoulinant mais il y aurait beaucoup à en
dire
Bref, voila un disque qui me fait dire que tous autant que
nous sommes, on peut remballer nos petites affaires. Tous ceux qui mont un jour dit « jaime
bien ce que tu fais » et qui ne pleurerons pas leur maman sur ce disque
sont des abrutis, réponse A, des faux culs, réponse B.
Et dire que lalbum de Mc Cartney est sorti le même
jour
chao papy

Pumuckl étant dans un passage à vide, il croise dans une pile de CD pas rangés le white album des beatles de 1968, (aimablement prété par un camarade que je remercie). L’occasion. Et la, ben, mutation, je me transforme en vieux con. Parce que , avec tous les a priori qui habitent ma tête, et bien c’est la claque intégrale. Je suis muet d’admiration devant ce disque. Je me saisis des partitions et même en voyant les ficelles, je ne découvre qu’une robe de mariée. J’en tombe au bout de 15 écoutes à la conclusion suivante: je ne vois pas dans ma mémoire une chanson mieux écrite (composée j’entends) que "martha my dear" (



